Les maisons capétiennes d'Anjou (1246-1481)

Liens entre les maisons d'Anjou et de France, depuis Louis VIII

 

La première maison d'Anjou (1246-1382)

Charles Ier d'Anjou (1246-1285)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Ier_de_Sicile

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Mansourah

http://fr.wikipedia.org/wiki/Manfred_de_Hohenstaufen

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_B%C3%A9n%C3%A9vent

http://fr.wikipedia.org/wiki/Royaume_de_Sicile

http://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%AApres_siciliennes

Dans les premières années, le pouvoir des Capétiens en Provence est miné par leur absence. Après son mariage, Charles Ier doit d'abord se rendre à Melun pour se faire adouber par Saint-Louis. Ensuite, il part en croisade en Egypte où il est capturé avec ses frères, Saint-Louis et Alphonse. Il ne retourne qu'en octobre 1250 dans une Provence en pleine rebellion.

Charles Ier bénéficie de la désunion de ses adversaires et de l'aspiration des provençaux à l'ordre et à la sécurité. Il abolit les consultats et agrandit le domaine comtal du profit des confiscations sur les rebelles ainsi que d'une habile politique d'échange. En 1260, ses viguiers contrôlent toutes les agglomérations de poids. Il s'assure aussi le contrôle de nombreuses productions salines telles que Berre, Istres ou Toulon. La gabelle fournit à elle seule, en 1263, la moitié des revenus du comte.

En 1264, le pape Urbain IV appelle Charles Ier d'Anjou à combattre le fils illégitime de Frédéric II, Manfred de Hohenstaufen, qui s'était allié aux sarrasins pour se faire couronner roi de Sicile. Aidé de Guy de Lévis et de Philippe de Montfort, Charles Ier combat victorieusement les siciliens de Manfred, lors de la bataille de Bénévent en 1266. Charles devient roi de Sicile mais son gouvernement, qui cherche à renforcer la puissance publique, n'est pas populaire. De plus, il perd le soutien du pape qui veut contrebalancer sa puissance par celle de Rodolphe de Habsbourg, élu roi des romains en 1273.

Afin de ramener les chrétiens d'Orient sous l'autorité de Rome, Charles Ier vise la restauration de l'empire latin de Constantinople, perdu depuis 1261. Il prend pied dans les Balkans dès 1266, puis se fait proclamer roi d'Albanie en 1272. Il s'assure de la Morée franque, avant d'adopter le titre de prince d'Achaïe en 1278. Il achète la glorieuse couronne de Jérusalem à l'un des prétendants (Marie d'Antioche) et s'empare des débris de ce royaume, Saint-Jean d'Acre pour l'essentiel. En 1282, il prépare, avec l'appui du Saint Siège, un assaut décisif contre l'empire grec. Cet assaut n'aura jamais lieu.

Le combat des 100 (1283)
Le roi d'Aragon offrit de terminer la querelle par un combat corps à corps, ou avec cent chevaliers de chaque côté, et que l'île de Sicile demeurerait au vainqueur. Charles accepta ce défi, malgré les défenses du pape. Il nommèrent chacun leur cent chevaliers, et convinrent de la ville de Bordeaux pour champ de bataille, comme un lieu non suspect. Le jour du combat fut marqué au 1er juin 1283, en attendant, il y eut suspension d'armes.
Au point du jour destiné destiné pour le combat, Charles à la tête de ses chevaliers, se mit sur le champ de bataille, et y attendit son adversaire jusqu' après le soleil couché, sans qu'il parût. Ce manquement de parole produisit des manifestes de part et d'autre. Le roi d'Arragon fit assiéger la ville de Malte, dépendante alors du royaume de Sicile; les galères de Provence venues au secours furent mises en déroute le 8 juin 1283 et toute cette île se soumit.
Père Anselme

Le 30 mars 1282, tous les Français qui se trouvent dans Palerme, à l'exception notable de Guillaume de Porcelet, Chambellan de Charles d'Anjou, en considération de sa droiture et de sa vertu, sont massacrés le lundi de Pâques, à l'heure des vêpres. C'est la révolte dite des Vêpres Siciliennes.

Pierre III d'Aragon, qui se pose comme successeur légitime de Manfred par son épouse Constance, débarque dans l'île le 30 août et se fait proclamer roi de Sicile. Le royaume de Sicile est divisé en deux: le royaume de Naples qui reste aux angevins et le royaume de Sicile, sous domination aragonaise. Le 5 juin 1284, un nouveau désastre s'ajoute: le prince de Salernes, futur Charles II, est capturé par la flotte siculo-aragonaise.

A la mort de Charles Ier en 1285, les Etats angevins demeurent longtemps sans souverain.

Charles II d'Anjou (1285-1309)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_II_de_Naples

http://fr.wikipedia.org/wiki/Paix_de_Caltabellotta

Saint Louis d'Anjou
Second fils de Charles II, il prit l'habit franciscain en secret en 1296. Fait évêque de Toulouse contre son gré, il ne cessa de s'affirmer comme un "grand ami de la pauvreté". Il n'avait que 23 ans quand il mourut à Brignoles en 1297. Dans les quatre mois environ après le décès, deux cent onze miracles se produisirent.
A partir de la canonisation en 1317, le roi Robert donna une formidable impulsion au culte de son frère dans ses Etats, Provence en tête. La capital héréditaire dont se réclamaient les Angevins indique que piété et sainteté formaient la base de la réputation qu'ils se construisaient.
Saint-Louis d'Anjou est fêté le 19 août.

Transporté en Espagne, après sa capture, Charles II reste prisonnier jusqu'en octobre 1288.

Les Vêpres et leurs suites annéantissent pratiquement les rêves orientaux des angevins. Ils perdent Saint-Jean d'Acre en 1286. Toutefois, Charles II parvient, dans les années 1300-1310, à installer sur le trône de Hongrie son petit-fils Carobert.

Charles II reprend en main la partie continentale de son royaume. Il établit un comté de Piémont en 1304. Au nord de la Provence, il étend son domaine. En effet, la part d'Alphonse de Poitiers sur Avignon lui revient en échange de l'abandon de ses droits sur l'Anjou et le Maine. Isnard d'Agoult-Entrevennes lui fait hommage pour la baronnie de Sault et Bertrand des Baux pour la principauté d'Orange en 1309.

Il s'efforce de reconquérir la Sicile que son père avait perdu. Il finit par renoncer et conclut la paix de Caltabellotta avec l'Aragon en 1302. Dans ce traité, il reconnaît la Sicile à Frédéric d'Aragon et lui donne en mariage sa fille Eléonore.

Robert le Sage (1309-1343)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Ier_de_Naples

A la mort de son père en 1309, il se fait couronner roi de Naples au détriment de son neveu Carobert, futur roi de Hongrie. Cette usurpation est à l'origine de la brouille entre Jeanne Ière et son mari André de Hongrie.

Il administre son royaume de manière habile et ferme, où il attire à sa cour les poètes et les lettrés dont Pétrarque.

Il donne une large extension au second Piémont angevin. La papauté lui confie la sénatorerie de Rome, avec la charge de Capitaine général de l'armée de l'Eglise. Il obtient le vicariat général de l'armée de l'empire en Italie. Il reçoit de nombreuses seigneuries toscanes, en particulier celle de Florence. Une de ses réussites est de devenir seigneur de Gênes entre 1318 et 1335.

Il connait une perte de puissance dans la seconde moitié de son règne. Suite à une politique de rapprochements, y compris familiaux, avec les dauphins, Humbert II propose, en 1337, l'achat de ses Etats à Robert. Celui-ci décline l'offre qu'il considère trop onéreuse. Philippe VI saura saisir l'affaire quand elle lui sera présentée en 1343.

La reine Jeanne (1343-1382)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_Ire_de_Naples

http://fr.wikipedia.org/wiki/Arnaud_de_Cervole

http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Ier_d%27Anjou

A la mort de son grand-père Robert en 1343, Jeanne hérite du royaume de Naples, Elle a 17 ans.

En 1333, Robert avait espéré assurer la cohésion de la maison d'Anjou en fiançant Jeanne à son cousin André de Hongrie, fils de Charobert. Le mariage a lieu deux jours après la mort de Robert. Alors que Jeanne et André se disputaient à propos de l'héritage familial, André est assassiné en 1345. Louis de Hongrie, le frère d'André, saisit l'occasion pour tenter l'annexion du royaume de Naples. Dans le même temps, Jeanne épouse son amant et cousin Louis de Tarente.

Louis de Hongrie investit la ville de Naples et Jeanne s'enfuit en Provence en janvier 1348, sur la galée de Jacques de Galbert. Elle reçoit un accueil chaleureux à Marseille où elle jure d'observer les privilèges de la ville. Après un passage plus difficile à Aix-en-Provence, elle se rend à Avignon pour rencontrer le pape Clément VI. Jeanne demande une dispense pour son mariage avec Louis de Tarente et l'absolution afin être disculpée du meutre d'André. Elle veut aussi préparer la reconquête de son royaume. Le pape accorde les dispenses de parenté, nomme une commission pour examiner les accusations de participation à l'assassinat d'André et achète la ville d'Avignon pour 80 000 Florins.

Ayant appris que Louis de Hongrie avait quitté Naples, Jeanne et Louis de Tarente y retournent en août 1348. Un mois aprés, Jeanne viole ses promesses en remplaçant le sénéchal Raimond d'Agoult par le napolitain Giovanni Barrili. Devant le mécontentement, Jeanne doit lui rendre le pouvoir.

La Peste noire pénètre en Provence, par Marseille, en 1347. Le fléau emporte du tiers à la moitié des habitants. Plus graves encore sont les deux grands retours de l'épidémie en 1361 et 1371-1373, qui fauchent le regain de population. Pour longtemps, la maladie devient endémique.

La révolte des Baux (1357)
Lorsque le roi Louis de Hongrie revient à Naples en 1350, Hugues juge que les circonstances peuvent lui permettre de mettre la main sur la Provence. Il emprunte 10 000 florins au pape Clément VI et projette de marier son fils Robert à la princesse Marie de Sicile, soeur de la reine Jeanne, et veuve de Charles II de Durazzo que Louis de Hongrie, lors de sa première expédition, avait fait décapiter à Aversa comme meurtrier d'André son frère. Il arrive de Marseille à la tête de 10 galères, avec ses fils Robert et Raimond et, sous le prétexte de protéger la Reine et Louis de Tarente son mari du roi de Hongrie, il les persuade d'abandonner Naples et les conduit à Gaète dans une de ses galères. Puis il revient à Naples, pénètre dans le château de l'Oeuf où la princesse Marie vivait retirée, la force à épouser, en sa présence son fils Robert, les enlève tous deux et fait voile pour la Provence. Il a la fâcheuse idée de toucher Gaète. Louis de Tarente l'apprend et l'invite à descendre à terre; sur son refus, il va le trouver à son bord, le poignarde, s'assure de ses deux fils et ramène la princesse Marie auprès de la Reine, sa soeur.
Robert est jeté dans un cachot. Trois ans plus tard, Marie va l'y trouver, lui reproche sa perfidie, et, pour se venger de l'outrage qu'il lui avait fait subir, l'y fait tuer sous ses yeux (1354).
Le 24 juillet 1357, Raimond et Antoine de Baux, avec l'aide de leur cousin Amiel, s'emparent du château de Saint-Canat appartenant à l'évêque de Marseille. Ils ravagent la Provence de concert avec des bandes gasconnes commandées par Arnaud de Cervole, dit l'Archiprêtre poussé, dit-on, par les Durazzo, peut-être aussi par Philippe de Valois dont les visées sur la Provencene pouvaient qu'être favorisées par les embarras de Jeanne dans ce pays.
En vain, la Reine confisque les terres de Raimond et les met sous la garde de Jean d'Armagnac; les révoltés s'emparent de La Manon, Mallemort, Pelissane, Roquefort, Saint-Maximin, Brignoles et Draguignan, pillent la Cadière et le Castellet, brûlent Aix et menacent Toulon et Marseille. Jeanne, sur la demande des marseillais ordonne la démolition du château d'Aubagne saisi sur Raimond et leur attribue son château de Saint-Marcel.

La période 1357-1376 est mouvementée. La révolte des Baux de 1357 ouvre la porte aux grandes compagnies de routiers. Après Poitiers (1356), elles se retrouvent sans emploi dans le royaume de France. Certaines, dont celles d'Arnaud de Cervole, ravagent la Provence. Philippe de Tarente, frère de Louis, et troisième époux de Marie, soeur de Jeanne, est envoyé en tant que vicaire général pour lutter contre ce nouveau fléau. Il achète le concours des troupes du comte d'Armagnac qui se montrent aussi redoutables pour les populations locales. Finalement, Innocent VI obtient l'éloignement de ces bandes contre rançon. Ces dangers témoignent de la sous administration de la Provence à partir de Naples.

En 1362, la mort de Louis de Tarente, mari autoritaire et brutal, rend à la reine un pouvoir dont elle n'a jamais pu disposer. Pendant trois ans la reine prend une série de mesures qui la rendent populaire : pardon accordé à Raimond des Baux, remplacement du sénéchal de Provence Roger de San-Severino par Fouques d'Agoult ainsi que divers édits pour éviter l'anarchie.

Pour affirmer les droits de l'Empire sur le royaume d'Arles, l'empereur Charles IV de Luxembourg, roi de Bohème vient, aprés son passage à Avignon, se faire couronner le 4 juin 1365 roi d'Arles à l'église Saint-Trophime, mais garantit à Jeanne ses droits sur la Provence.

Par ailleurs les prétentions de Louis d'Anjou, frère du roi de France Charles V et lieutenant du Languedoc, s'affirment. Il se lance avec l'aide des compagnies de Bertrand du Guesclin à l'attaque de la Provence. Tarascon est prise le 22 mai 1368. Les troupes du sénéchal Raimond d'Agoult sont battues à Céreste. L'intervention d'Urbain V auprés de Charles V et l'excommunication de du Guesclin le 1er septembre 1368 aboutissent à la signature d'un traité de paix (1369) et à une trève (1370).

Le grand schisme d'Occident de 1378 va causer la perte de Jeanne car elle tenait en dernier ressort son autorité du souverain pontife, comme sa vassale. Elle choisit Clément VII, alors qu' Urbain VI encourage ses ennemis: le roi de Hongrie, le duc d'Andria et Charles III de Duras, arrière-petit-fils de Charles II. En 1379, Clément VII est vaincu par les forces ralliées à Urbain VI et se réfugie à Avignon. Urbain VI propose le royaume de Naples à Charles de Duras et excommunie Jeanne. Elle demande en 1380 l'aide de Louis d'Anjou, qu'elle adopte alors comme successeur, en lieu et place de Charles III de Duras. Ce dernier assiège alors Naples et Jeanne doit se rendre. Occupé par la succession de son frère Charles V, Louis d'Anjou réagit trop tard militairement. Jeanne est assassinée en juillet 1382. Ainsi s'achève la première maison capétienne d'Anjou.

En septembre 1382, Louis d'Anjou débarque enfin à L'Aquila. Il est couronné roi de Naples par Clément VII, sans pouvoir chasser Charles de Duras et meurt en 1384. Il laisse la Provence à son fils Louis II d'Anjou, âgé de 7 ans.

La deuxième maison d'Anjou (1382-1481)

Louis II (1384-1419)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_II_d%E2%80%99Anjou

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_de_Blois-Ch%C3%A2tillon

http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_d%27Aix_(1382-1387)

http://les.baux.de.provence.free.fr/les_baux_de_provence_histoire/les_baux_de_provence_un_affreux.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tristan,_le_Bâtard_de_Beaufort

http://fr.wikipedia.org/wiki/Raimond_de_Turenne

Les Etats de Provence réunis à Apt en avril 1382 consacrent la division du Pays. Les nobles et les prélats, ainsi qu'Arles et Marseille reconnaissent en Louis d'Anjou l'héritier de la reine. La plupart des autres villes adoptent une attitude hostile. Au début de l'été, l'Union d'Aix oppose au sénéchal Foulques d'Agoult un gouverneur Barral de Pontevès. Après la mort de Jeanne, Charles de Duras peut nommer un sénéchal, Balthazar Spinola, qui entre en Provence en janvier 1383 et reçoit à Aix l'hommage de plusieurs communautés. La mort de Louis Ier (21 septembre 1384) fait intervenir le roi de France Charles VI dans les négociations, désireux de rattacher la Provence à son royaume. Une trêve de vingt mois est alors signée entre les belligérants. Charles de Duras se concentre sur le front de Hongrie où il meurt (5 février 1386).

L'habileté de la veuve de Louis Ier, Marie de Blois, a raison de la cohésion de l'Union d'Aix, détruite à coup de privilèges, concessions et exemptions. Cette victoire est consacrée par les "chapitres de paix" de 1387 qui excluent toutefois toute forme de représailles et consacre la place prépondérante de la capitale dans la vie du comté. Une partie de la Provence periste dans son refus : Nice et sa viguerie, Puget-Théniers, le val de Lantosque et la baillie de Barcelonnette se donnent au comte de Savoie en 1388.

Raimond de Turenne avaient des droits sur de très nombreux domaines, grâce à sa parenté avec le pape Clément VI et l'héritage des Baux d'Avellino, récupéré par son grand-père. Ces droits sont contestés, en particulier par le pape Clément VII et Marie de Blois. Maître de nombreux châteaux dans les Alpines et le val de Durance, il pille et dévaste la Basse-Provence occidentale, entre 1386 et 1399. L'union des Etats de Provence contre Raimond de Turenne prend l'avantage lorsque le sénéchal Georges de Marle met le siège devant Pertuis qui cède dans les derniers mois de l'année 1397. Tarascon et Arles, suivis du sénéchal, Marseille et Aix entreprennent d'assiéger Roquemartine et les Baux qui finissent par tomber en juin et septembre 1399. A la fin de l'année, Raimond de Turenne ne possède plus rien en Provence.

L'année 1400 marque le retour de la paix. Toutefois, les ultimes péripéties du grand schisme entretiennent l'insécurité dans les pays du bas Rhône. Benoît XIII, abandonné par le roi de France et par le comte de Provence, a fui Avignon. Mais son neveu Rodrigue de Luna se maintient dans un palais pontifical assiégé et les troupes catalanes, qui viennent à son secours, causent des dégâts jusqu'aux environs d'Arles dans les années 1410. Les vains efforts de la seconde maison d'Anjou pour reprendre pied dans le royaume de Naples s'accompagnent d'une guerre navale incessante avec les rois d'Aragon. Les combats en mer se doublent d'opérations de piraterie sur les côtes et sur les cours du Rhône.

Louis III (1419-1434)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_III_d%27Anjou

En 1420, Louis III répond à l'appel du Pape et d'une partie de la noblesse locale. Il s'embarque pour Naples, nanti d'un fort subside. La dernière descendante des Duras, Jeanne II de Duras recourt alors à la protection du roi d'Aragon - et de Sicile - avec qui elle se brouille. Elle conforte alors les prétentions de Louis III en l'adoptant en 1433. L'éphémère succès du comte contraint Alphonse d'Aragon à s'enfuir en Catalogne mais provoque le raid aragonais du 20 novembre 1423. Une flotte catalane, forçant la défense du port de Marseille, pille et saccage la ville pendant trois jours et trois nuits. Elle repart en emportant comme trophées la chaîne qui barrait le port et les reliques de saint Louis d'Anjou.

Louis III s'épuisera, jusqu'à sa mort à Cosenza en 1434, à maintenir une domination précaire dans le regno, tandis que sur les côtes provençales la piraterie aragonaise entretient l'insécurité.

Le roi René (1434-1480)

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Louis III meurt sans enfant en 1434. Son frère René lui succède. Par une clause de substitution, Jeanne II l'a désigné comme héritier du trône de Sicile. Suite à l'habile politique de sa mère Yolande d'Aragon, il a déjà hérité du duché de Bar de son oncle, le cardinal Louis. Il a épousé, en 1420, Isabelle, fille et héritière du duc de Lorraine, Charles II. A la mort de ce dernier, un compétiteur se dresse face au nouveau duc, Antoine de Vaudémont, neveu de Charles II, qui va chercher appui auprès du duc de Bourgogne. Battu le 30 juin 1431 à Bulgnéville, René est remis aux mains de Philippe de Bourgogne qui l'incarcère. L'héritage de son frère Louis III fait de René un des plus puissants barons du royaume et augmente la valeur du captif. A la fin de longues négociations, en janvier 1437, un accord est conclu. René accepte de marier son fils Jean à Marie de Bourbon, nièce de Philippe. Il promet aussi de verser une très forte rançon.

Au printemps 1438, il rejoint sa femme Isabelle et fait son entrée à Naples. Il accumule ensuite les échecs face aux aragonnais. Quatre ans plus tard, René abandonne, au terme d'un long siège et de la trahison de son capitaine Antoine Caldora, Naples et l'Italie du Sud à Alphonse V. Il rentre alors en Provence. Le royaume perdu reste à l'horizon de sa politique. Son fils Jean de Calabre tente une expédition napolitaine en 1459-1462 mais, privé du soutien du pape Pie II, celle-ci est un échec. En 1466, des ambassadeurs aragonais en quête d'un successeur au roi Pedro, viennent chercher René qui se lance dans une folle entreprise: la conquête du trône d'Aragon. Il y envoie son fils Jean de Calabre, pourvu du titre de lieutenant général. Mais en décembre 1470, ce dernier succombe de façon mystérieuse. En 1471, tous les territoires d'Espagne sont perdus.

En 1445, René s'est détaché de la Lorraine au lendemain du mariage de sa fille Yolande avec Ferry, fils d'Antoine de Vaudémont, qui éteignait la contestation de ses droits. En 1471, il organise le transfert de ses collections en Provence. Il y restera jusqu'à sa mort en 1480, partageant son temps entre son palais, son jardin et sa bastide de Marseille, sa demeure d'Avignon, sa bastide de Gardanne et ses résidences de Peyrolles et Pertuis. Il y entretient une court fastueuse et y anime, en mécène avisé, un brillant foyer de vie artistique.

A la mort de son petit-fils Nicolas, duc de Calabre et de Lorraine, en 1473, René n'a plus d'héritier mâle. Trois proches parents peuvent prétendre hériter du roi de Sicile: son petit-fils René II, l'enfant de Yolande et de Ferry de Vaudémont, nouveau duc de Lorraine et ses deux neveux, Charles du Maine, fils de Charles, son frère cadet et Louis XI, fils de Marie d'Anjou, sa soeur. Le testament de 1474 exclut Louis XI de la succession. René II doit recevoir le duché de Bar. l'Anjou et la Provence reviennent à Charles du Maine. Dans ses dernières volontés, le roi de Sicile adopte Charles pour son fils. Furieux, Louis XI décrète aussitôt la saisie du Barrois et de l'Anjou. René se tourne alors vers divers adversaires du roi de France, dont le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. Louis XI réplique en assignant son oncle devant le parlement de Paris pour y répondre de crime de lèse-majesté. Suite à des négociations à Lyon en mai 1476, Charles du Maine reçoit bien l'Anjou et la Provence en héritage. Toutefois, René accepte par une convention tacite, qu'à la mort de celui-ci, les terres reviennent à la couronne de France. Le duché de Bar est rendu à René II.

Charles III (1480-1481)

Les requêtes de l'assemblée (15 janvier 1582)
Le document s'attache à maintenir l'identité du comté au sein du royaume. Le roi n'est reconnu comme souverain qu'en vertu de son titre de comte : "Qu'il plaise à votre majesté royale de s'intituler, après le titre de roi, de comte de Provence dans toutes les lettres rédigées ... à l'intention du pays de Provence, de façon que nous ne soyons nullement tenus d'obéir à aucune lettre dépourvue de ce titre"
La Provence conserve ses institutions et sa procédure judiciaire.
Tous les privilèges accordés par les précédents comtes feront l'objet de confirmations. La vieille revendication de l'indigénat est réaffirmée avec force: nul ne peut exercer un office public en Provence s'il n'est natif de ce pays.

Après la mort du Roi René, Charles III réunit à Aix les Etats de Provence où il reçoit leur serment de fidélité. Dans l'été 1481, René fait entrer un petit corps de mercenaire en Provence. Ces troupes occupent, au nord du comté la région comprise entre Apt et Forcalquier. Louis XI vient au secours de Charles III et rétablit la situation.

Peu après sa victoire, Charles III tombe malade. Le 10 décembre 1481, il institue Louis XI comme légataire universel et meurt le lendemain. Par ces dernières volontés, le dernier comte souverain recommande au roi de France de conserver tous les privilèges, droits, libertés franchises et statuts de la Provence.

Le 19 décembre 1481, Louis XI confie à Palamède de Forbin la charge de prendre possession de la Provence au nom du Roi de France. Le 15 janvier 1482, le gouverneur de Provence convoque les Etats. Il prête serment d'observer et d'exécuter les dispositions des 52 chapitres et 12 requêtes élaborées par l'assemblée.